Viola Spolin ou show, don't tell

Publié le par Bulle Carrée

On dit souvent des improvisateurs français qu'ils parlent beaucoup trop sur scène. Je ne crois pas que ce soit typique des français. En fait, ce mal verbomoteur touche beaucoup d'improvisateurs, même non francophones, la plupart du temps les débutants.

Lorsqu'on est sur scène, nous rentrons dans un monde où les repères ne sont plus les mêmes. Et nous ne savons plus si nous existons. Une peur du vide s'installe et alors nous parlons pour se sentir exister. Un peu comme les enfants qui ont besoin de parler pour être au centre de l'attention.
Cette réaction est donc légitime mais sur scène, ça devient la guerre pour sa survie. Tout le monde essaye de parler. Alors on assiste soit une belle cacophonie, soit une bataille à la meilleure réplique. Ce qui ne donne pas une belle image sur scène.

Pour Viola, il faut se concentrer sur nos sensations (corps, émotions) et les montrer au public. Cela suffit pour exister sur scène. Au lieu de dire "je suis vieux", il faut le sentir avec son corps.
Ok, j'avoue, ça a l'air plus facile à dire qu'à faire. Mais tous les improvisateurs vous le diront, utilisez votre corps avant votre bouche. En vous focalisant sur les sensations, vous éviterez l'intellectualisation et serez donc plus spontané sur scène. En plus, vous ne vous sentirez plus en danger d'inexistence car il ne s'agira plus de votre priorité.

Publié dans Les Ateliers

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