Viola Spolin ou comment apprendre par soi-même (2)

Publié le par Bulle Carrée

Comme je vous le disais, il y a autant de façons d'improviser que d'improvisateurs. Chacun à sa façon de penser, son imaginaire, ses forces et ses faiblesses de jeu. Et oui, on est tous différents.
Pour le professeur, la tâche d'enseigner l'improvisation est délicate car l'élève doit découvrir sa propre façon d'improviser. Et là je touche la pédagogie, sujet qui demanderait des heures de débat sans fin. Donc je vais plutôt vous proposer la vision de Spolin... enfin ce que j'ai crû comprendre.

Pour Spolin, l'élève doit apprendre par lui-même en se forgeant ses propres conclusions. Ainsi, chaque exercice a un objectif simple. Pour y parvenir, le professeur ne donnera pas la manière car les élèves doivent trouver leur propre chemin. Par contre, la question pédagogique sera "l'objectif a t'il été atteint ?". Oui, non, presque ?... Le groupe avec le professeur fera alors un retour sur l'exercice pour partager leur apprentissage.

Il n'y a donc pas de notion de "bon ou mauvais" mais d'objectif "atteint ou pas". Et il faut garder ce fOCUS sur l'objectif car ceci permet d'éviter tout jugement subjectif. De plus le groupe se concentre sur ce FOCUS et on oublie le regard des autres.

Spolin indique ainsi que souvent l'improvisateur recherche l'approuvement d'une autorité, souvent du professeur. Le peur de ne pas être reconnu amène l'improvisateur à l'égocentricité ou l'exhibitionnisme... le fameux CABOTINAGE.
Aaah, le cabotinage. Le plaisir de faire rire et d'être applaudi. J'avoue que ça m'est arrivé assez souvent d'espérer le rire des gens. Et c'est lorsqu'on l'attend que c'est terrible car on a l'impression de ne jouer que pour ça. Alors quand les gens ne rient pas, on ne prend plus de plaisir. Fait-on de l'impro pour être aimé ? En cherchant l'approbation, on n'apprend pas.  

Alors pour finir, mon conseil en atelier: focalisez-vous uniquement sur l'objectif des exercices.

Publié dans Les Ateliers

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